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Draveil ~ News

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Politique et Économie Départementale (Essonne) - Nationale et Européenne - En résistance depuis Mai 2012


Bretagne. Pensées sur l’âme bretonne et sa décadence

Publié par Quercus sur 1 Juillet 2017, 23:10pm

Catégories : #Coup de coeur, #Bretagne

Mon coup de coeur pour cette tribune car le jour où cette terre de Bretagne disparaîtra la France n'existera plus

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Tout homme dont le cœur est irrigué d’un sang breton, ne peut que ressentir une profonde tristesse et une sincère colère en voyant la transformation que subie cette terre à l’âme millénaire. C’est mon cas.

Expatrié de ma Bretagne natale, je constate chaque jour un peu plus la faillite morale et culturelle dans laquelle s’enfonce ma petite patrie. C’est pourquoi je me propose, à mon humble niveau, de revenir pour vous sur ce qui fonda l’âme bretonne et sur ce qui la corrompt aujourd’hui.

Être Breton, c’est avant tout un héritage millénaire. Celui des Celtes qui façonnèrent les paysages agricoles et donnèrent à notre terre ses premiers cultes ; celui de Gallois qui fuyant les Saxons vinrent s’échouer sur les côtes de Cornouailles en apportant avec eux un savoir-faire maritime fondateur ; celui des premiers chrétiens, qui respectant les particularismes païens de cette province, établirent des évêchés quasi auto-céphales fêtant autant les Solstices que la Nativité ;

Celui des prêtres qui bénissaient les cultures et priaient face à la mer pour le salut des marins ; celui de ces marins justement, qui ne craignant ni les vents, ni les tempêtes, s’élançaient à bords de petits chalutiers de bois, partant des mois durant vers les mers sombres du Nord, de l’Islande, du Canada, pour ramener de quoi nourrir leurs famille ; celui des 240 000 poilus Bretons tombés pour une France qui les estimait peu mais qu’ils aimaient eux de manière inconditionnelle ; celui des femmes qui en tout temps cultivèrent les terres de cette péninsule, élevèrent les fils qu’ils offriraient à la mer, enterrèrent les maris que celle-ci leur rendait, sans rancune et sans haine.

Être Breton c’est aussi préférer «la mort plutôt que la souillure», c’est comme l’hermine qui orne nos drapeaux, être acculé par les chasseurs mais préférer mourir plutôt que de salir l’éclat de son blanc pelage dans les marécages ; être Breton ce n’est pas être ingouvernable, c’est se gouverner seul ; être breton ce n’est pas être insoumis, c’est être autonome ; être Breton ce n’est pas être individualiste mais c’est entretenir un esprit de clan et de communauté ; être Breton c’est, comme le disait Tanguy Malmanche «être un mauvais domestique, mais un bon serviteur» ; être Breton ce n’est donc pas être coupé des autres, mais c’est se mettre à leur service, à condition que l’invité reste à sa place et montre à son hôte le respect qui lui est dû.

Mais être Breton c’est savoir que la terre comme la mer, ne nous doivent rien et peuvent tout nous reprendre, c’est montrer devant cette nature qui nous nourrit une position d’humilité en ne lui prenant que le strict nécessaire, sans chercher à s’enrichir sur son dos ; être Breton c’est donc avant tout refuser l’usure qui caractérise la société marchande.

Ernest Renan, écrivain Breton et grand penseur de la Nation, disait à ce titre «Le trait caractéristique de la race bretonne est la poursuite d’une fin morale ou intellectuelle toujours désintéressée. Jamais race ne fut plus impropre à l’industrie et au commerce. Tout ce qui est lucre lui paraît peu digne du galant homme ; l’occupation noble est à ses yeux celle par laquelle on ne gagne rien, par exemple celle du soldat, celle du marin, celle du prêtre, celle du vrai gentilhomme qui ne tire de sa terre que le fruit convenu par l’usage. Au fond de la plupart de ses raisonnements, il y a cette opinion que la fortune ne s’acquiert qu’en exploitant les autres. La conséquence d’une telle manière de voir, c’est que le riche n’est pas très considéré ; on estime beaucoup plus l’homme qui se consacre au bien public ou qui représente l’esprit du pays.»

Et c’est là que la Bretagne se meurt. Cette terre de paysans et de marins, cette terre tournée vers l’humus et la marée, cette terre d’aventuriers des mers et de laboureurs des prés, cette terre de légendes, de fées et de rois, cette terre qui regardait vers l’horizon en se souciant bien peu des médisances de la France, eh bien cette terre a été poignardée dans le dos.

Alors même qu’était encore frais le sacrifice de nos aînés qui quittèrent leurs terres pour aller irriguer de leur sang celles de l’Est, nous pensions enfin avoir gagné le respect et l’autonomie qui avait été promis à Anne de Bretagne. Ce ne fut pas le cas. En même temps que la nation France subissait un Grand Remplacement, à la fois culturel, économique et ethnique, la pauvre Bretagne subissait elle aussi un effacement similaire.

 

Se subsistant aux Bretons d’antan, fils des mers et filles des terres, enfants de Merlin et de Morgane, baptisés par Saint-Yves, inspirés par Gradlon, effrayés par Ankou ; aux Bretons qui avaient traité cette terre avec respect, ces Bretons qui n’étaient pas des propriétaires mais seulement des gardiens, se subsistant à ce peuple millénaire nous virent arriver ici des générations de rentiers, d’usuriers et de touristes.

Parisiens pour la plupart, retraités pour beaucoup, ils trouvèrent cette terre abandonnée par des hommes qui partis en mer ou partis à la guerre, ne pouvaient plus la protéger. Et ils l’exploitèrent, non pour subvenir à leur besoin comme le faisaient avant eux des générations de Bretons, mais pour s’enrichir. Et les Bretons revenus des mers, cédant aux appels de ces sirènes des terres, se laissèrent aussi aller à ces bassesses, se laissèrent choir dans cette esprit de décadence et de paresse, dans cette indigence qu’est le profit sans efforts.

Ce sont les maisons de ces bourgeois que l’on voit aujourd’hui fleurir au bord des plages ; ce sont ces propriétaires qui font qu’aujourd’hui un deux pièces en Bretagne coûte le prix d’un château dans le Périgord ; ce sont ces déracinés pour qui «l’esprit breton» n’est qu’un moyen de vendre des bonnets rouges, des cirés de mer, ou des crêpes ; ce sont ces traîtres, ces nouveaux marchands du temple qui ont détourné le peuple breton de sa religion et de sa culture  et qui l’ont corrompu, lui faisant oublier d’où il venait et qui l’ont converti à la religion de l’usure et de l’industrie.

Mais pire encore, ce sont ces individus hors-sol qui se permettent d’utiliser la Bretagne comme un porte-voix contre le reste de la France : réfugiés dans leurs belles résidences, ils votent sans cesse contre les intérêts de leur grande Patrie tout en se gardant bien de réclamer le même traitement pour la terre dont ils sucent le sang. Un refus qui n’est pas motivé par l’amour et le respect pour leur terre d’adoption, mais parce qu’ils savent que la politique qu’ils prônent pour la nation feraient baisser la valeur de leurs investissements. Les voilà donc, ces hérauts du Progrès, barricadés derrière ce conservatisme marchand et bourgeois incarné à la perfection dans le vote Macron.

Or nous ne pouvons plus tolérer cela, nous ne pouvons plus accepter cette colonisation de la Bretagne par les puissances financières. Nous ne pouvons plus accepter que la Bretagne soit mordue au sein par des enfants arrogants et égoïstes, sans cesse plus voraces. Si la Bretagne s’est volontairement unie à la France, c’est bien pour partager ses visées héroïques, non pour se soumettre aux intérêts économiques de quelque uns. Les Bretons qui vendent la Bretagne et les Français qui la rachètent sont tous coupables. La Bretagne n’a pas pour vocation de devenir la réserve d’Indiens de la république, la Bretagne n’a pas pour vocation de devenir le lieu de safari de quelques touristes métropolitains venus ici pour découvrir un folklore maintenu en vie artificiellement pour les besoins de quelques entrepreneurs locaux.

La Bretagne doit s’incarner, se réincarner. Elle doit chasser ces nouveaux marchands du temple qui ont fait de notre terre un immense espace de jeu pour les petites affaires de tout un chacun. Elle doit imposer aux nouveaux arrivants de s’assimiler à son âme, à son esprit. Elle doit arrêter de lutter contre les intérêts de la France et comprendre qu’elle ne sera libre et forte que quand la France elle même sera libre et forte. Ainsi, chacun pourra se préoccuper seul et avant tout de ses problèmes.

Si elle ne comprend pas cela, si elle continue de voter contre la France et donc de voter contre elle-même, la Bretagne est la prochaine sur la liste des provinces déchues victimes du jacobinisme. Et personne ne s’émouvra de voir mourir ce peuple de rentiers, de touristes, de traîtres et de donneurs de leçons. Tout au plus certains regretteront-ils le cidre et les galettes d’antan. Mais si la Bretagne n’est plus rien, alors bientôt la Bretagne ne sera plus.

Il nous faut donc retrouver le chemin de la mer et le sentier de la terre, il nous faut retrouver la voie de l’humilité, celle d’une économie de subsistance, d’une rigueur de vie austère, mais chaleureuse et communautaire.

Il nous faut à nouveau retrouver l’esprit aventurier et aventureux qui animait nos aïeux quand ils partaient en mer. Il nous faut suivre le soleil et comprendre que s’il se lève en France, c’est bien sur les flots qu’il se couchera, c’est donc bien là qu’est notre avenir.

Adossés à une France forte et fière, nous pourrons enfin nous tourner vers l’horizon et honorer notre promesse ; Kentoc’h mervel eget bezañ saotret.

Pierre Terrail

Pierre Terrail (pseudonyme d’un de nos lecteurs), nous adresse une tribune libre sur la Bretagne et les Bretons que nous reproduisons ci-dessous.  Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place. 

Crédit photo : DR
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