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Draveil ~ News

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Politique et Économie Départementale (Essonne) - Nationale et Européenne - En résistance depuis Mai 2012


Alstom, STX : cessons le pillage organisé de l'industrie française !

Publié par Quercus sur 2 Octobre 2017, 20:39pm

Catégories : #Politique Industrielle, #Macron, #NDA

Lettre ouverte au Président de la République -


Ayons le courage de bâtir des champions industriels vraiment européens, au lieu de brader les fleurons français à des multinationales étrangères.

 

M. le Président de la République,

Nous savons tous que vous avez un sens aiguisé de la communication. François Henrot, votre ancien Directeur à la banque Rothschild, témoigne d’ailleurs de vos « qualités intellectuelles extraordinaires » pour « raconter une histoire » et votre maîtrise des techniques de « manipulation de l’opinion ».

Nous savons tous également que vous savez choisir vos mots. Vous ne dites rien au hasard. Lorsque vous étiez Secrétaire général adjoint de François Hollande puis ministre de l’Économie jusqu’en septembre 2016, vous avez supervisé six grands dossiers industriels :
 
 
  • la cession des activités énergie d’Alstom à General Electric et son recentrage sur le rail,
  • la vente de l’aéroport de Toulouse à des investisseurs chinois,
  • l’absorption de Lafarge par le suisse Holcim,
  • l’achat d’Alcatel par le finlandais Nokia,
  • la prise de contrôle de Technip par l’Américain FMC,
  • la reprise des chantiers navals de Saint Nazaire par l’italien Fincantieri.

 

Pour toutes ces opérations, vous avez choisi de céder ces industries françaises à un groupe étranger. Vous le revendiquiez même, c’était à vos yeux une preuve d’ouverture à la mondialisation et un échauffement pour votre campagne électorale.

Pour toutes ces opérations, vous avez utilisé des éléments de langage précis. Jamais vous n’avez avoué les faits, à savoir que vous acceptiez de céder à des intérêts étrangers le capital d’entreprises françaises stratégiques. Non, vous parliez « d’alliances » ou de « partenariats » qui devaient maintenir l’emploi et la recherche tout en préservant notre indépendance nationale dans le nucléaire, la marine militaire ou la souveraineté numérique.

Quand FMC a absorbé Technip, vous parliez même de créer un « Airbus du parapétrolier ». Vous avez visiblement un usage immodéré de cette formule magique de com, y compris pour oser qualifier de « partenaire européen » une entreprise américaine !

Alors que Technip avait un chiffre d’affaires plus important que FMC, vos représentants au conseil d’administration de l’entreprise (L’État gérait 7,5% du capital) ont tout cédé aux Américains.

Au bout d’un an, après avoir perdu 16% de ses effectifs, Technip était sous contrôle d’un conseil d’administration formé aux deux tiers par FMC !

Personne n’a compris les raisons économiques, financières ou industrielles qui justifiaient cette opération conseillée par la banque Rothschild, tout comme l’absorption de Lafarge par Holcim ou d’Alstom par GE, autres opérations conseillées par cette même banque.

Oui il faut créer des champions industriels européens sur le modèle d’Airbus

Or, voilà que vous venez de brader deux nouveaux fleurons français en utilisant exactement les mêmes ficelles, et disons-le, les mêmes mensonges. Vous parlez à nouveau d’un « Airbus du Rail » pour qualifier la prise de contrôle d’Alstom par Siemens, le même argument entoure la cession des chantiers de Saint-Nazaire à l’italien Fincantieri

Oui il faut créer des champions industriels européens sur le modèle d’Airbus, des alliances équilibrées et pérennes qui permettent d’associer nos efforts pour conquérir des marchés, gagner la bataille de l’innovation et assurer notre souveraineté technologique.

Or la clé de tels projets européens, c’est la répartition du capital de la nouvelle entreprise qui doit être partagée équitablement

Le pacte d’actionnaire d’Airbus est très simple : France et Allemagne contrôlent chacune 11% des actions et nul ne peut monter au-delà de 15%.

Les accords que vous avez supervisés et acceptés avec Siemens et Fincantieri n’ont rien à voir puisque vous leur donnez plus de 50% des actions à chaque fois ! Les intérêts français s’avèrent donc soumis au contrôle d’une multinationale étrangère.

En vérité, il n’y a aucun partenariat car vous n’avez pas eu le courage de l’imposer. Pensez-vous obtenir autre chose en faveur de votre propre agenda politique de la part de Berlin ou de Rome en sacrifiant notre industrie ?

Aucun motif n’impose de tels abandons. Le cas d’Alstom est particulièrement édifiant.
 
Notre champion du rail dispose d’un carnet de commande bien plus fort que Siemens (35 milliards d’euros contre 25), d’une meilleure internationalisation et d’une capacité d’innovation hors du commun.
 
Vous cachez la vérité aux Français, notamment les véritables dispositions que prévoit l’accord entre Siemens et Alstom. Vous parlez d’engagements pour préserver l’emploi sur 4 ans.
 
Or, l’accord prévoit justement 470 millions d’euros de « synergies » au bout de… quatre ans ! Ce n’est rien de moins qu’une prévision d’un large plan social déjà annoncé pour satisfaire les investisseurs.
 
Enfin, vous vous êtes bien gardé de parler des 2,5 milliards d’euros de dividendes exceptionnels que vont recevoir les actionnaires d’Alstom en échange de leur soutien à cette vente, soit 8 années de bénéfices distribués en une seule fois !
 
Comment le PDG d’Alstom peut-il se permettre une telle dépense ? Tout simplement en vendant intégralement toutes les participations qu’Alstom gardait dans les « co-entreprises » crées avec General Electric quand l’Américain a racheté les activités énergies de notre ancien fleuron national.
 
Vous aviez alors promis, M. le Président, que ces participations préserveraient l’indépendance énergétique de la France, notamment le secteur nucléaire. Or, vous avez décidé d’autoriser Alstom à tout vendre aux Américains pour mieux s’offrir aux Allemands !

Il n’est pas trop tard pour que l’intérêt national reprenne le pas sur la haute trahison.

M. le Président, la vérité vous rattrape. Les Français vous demandent déjà des comptes sur la présomption de conflits d’intérêts avec votre ancien employeur la banque Rothschild avec laquelle, d’après vos déclarations de patrimoine, vous conservez d’importants liens financiers.
 
Il n’est pas trop tard pour cesser ce pillage organisé. Vous devez changer ces accords et imposer de vrais partenariats d’égaux à égaux avec nos partenaires européens, américains et chinois.

Il n’est pas trop tard non plus pour que l’Assemblée Nationale et le Sénat prennent leur responsabilité en organisant enfin une large commission d’enquête parlementaire sur la politique industrielle que vous avez menée en tant que secrétaire général de Élysée, ministre de l’Économie et président de la République, en particulier pour éclaircir les soupçons de conflits d’intérêts qui hantent ces dossiers.

Il n’est pas trop tard pour que l’intérêt national reprenne le pas sur la haute trahison.

 

Nicolas Dupont-Aignan

Président de Debout La France

Député de l'Essonne

Voir la tribune sur https://www.marianne.net/debattons/tribunes/alstom-stx-cessons-le-pillag...

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